Voici des exemples de ce que l’on peut lire sur des sites d’organismes de soutien scolaire à propos de leurs “professeurs” :

Recrutement organisme de soutien scolaire

Recrutement organisme de soutien scolaire

Recrutement organisme de soutien scolaire

Des “professeurs” ou des “enseignants” qui ont “le niveau requis par l’Éducation Nationale “, cela peut rassurer des parents qui recherchent un soutien scolaire pour leur enfant.

Mais de quel niveau et de quels professeurs parle-t-on ?

Et voici ce que l’on trouve sur d’autres sites d’organismes de soutien scolaire :

Recrutement organisme de soutien scolaire

Recrutement organisme de soutien scolaire

Recrutement organisme de soutien scolaire

Bac + 3 est-il le niveau requis pour être enseignant à l’Éducation Nationale ?

Le système d’accès aux différents corps enseignants est extrêmement complexe, disons simplement qu’une licence (Bac+3) est le niveau d’études demandé pour passer un concours de recrutement de type Capes.

Passer un concours n’est évidemment pas le réussir… en 2008, le taux de réussite aux Capes de maths et de physique-chimie est d’un peu plus de 20%.
Et outre la licence, la majorité des candidats suit une formation complémentaire spécifique d’un an dans un IUFM pour préparer ce concours.

Bac+3 est donc le niveau d’étude nécessaire pour passer le concours du Capes, mais ne constitue en aucun cas une garantie que la personne est capable d’enseigner dans un collège ou un lycée !

Qui peut se dire “professeur” ou “enseignant” ?

Les mots “enseignant” et “professeur” ne sont pas protégés. N’importe qui peut se prétendre professeur ou enseignant d’à peu près n’importe quoi.

C’est d’ailleurs aussi le cas pour d’autres métiers ou activités, citons au hasard consultant, conseil, expert,…, sans oublier architecte-décorateur (mais pas architecte tout court) et psychanalyste…

Et au final qui sont les professeurs et les enseignants des organismes de soutien scolaire ?

90% des intervenants baptisés “profs” ou “enseignants” par les organismes de soutien scolaire sont en fait des étudiants.

Si l’organisme se targue qu’ils ont “le niveau requis par l’Éducation Nationale”, c’est qu’ils sont bac+3. C’est tout !

Et enfin, ces étudiants bac+3, dans quelle discipline le sont-ils ?

Si vous faites appel à un organisme, renseignez-vous…

Je connais une histoire hélas vécue par une famille qui, à la recherche de cours de maths pour leur fille en Terminale S, s’est adressée à un organisme de soutien scolaire qui leur a envoyé en tant que “prof de maths” un étudiant en histoire titulaire d’un bac littéraire… :?

Ces autres billets pourraient vous intéresser :

Vous avez apprécié ce billet ?
Abonnez-vous au flux RSS des billets, ou recevez une notification par e-mail (ni spam, ni pub) dès qu'un nouveau billet est posté.
Vous pouvez également vous abonner au flux RSS des commentaires, ou aux commentaires par e-mail (un email par jour au maximum, ni spam ni pub).
Et si la lecture de ce billet vous inspire des réflexions, n'hésitez pas à laisser un commentaire.
Merci de votre intérêt pour mon blog !

Partagez ce billet, ou enregistrez-le dans vos favoris en ligne :
  • Envoyer à un ami !
  • Facebook
  • Tapemoi
  • Visitezmonsite
  • Blogonet
  • Scoopad
  • Viadeo
  • SpotRank
  • del.icio.us
  • Yoolink
  • MisterWong Fr
  • Kreuzz

17 Réponses à “Nos professeurs ont le niveau requis par l’Éducation Nationale : décryptage”
Vos réflexions sont les bienvenues !

  1. Arnaud a écrit le 13 novembre, 2008 à 22:55

    Et “niveau bac+3″ ne signifie pas que le diplôme sanctionnant cette année d’études a été obtenu…

  2. Didier Kropp a écrit le 13 novembre, 2008 à 23:30

    C’est vraiment très méchant :lol:

  3. Benjamin a écrit le 18 décembre, 2008 à 0:28

    on peut faire plus méchant :

    “Bac+3 est donc le niveau d’étude nécessaire pour passer le concours du Capes, mais ne constitue en aucun cas une garantie que la personne est capable d’enseigner dans un collège ou un lycée !”

    C’est bien vu, mais même le CAPES ou l’agreg ne sont une garantie que la personne est “capable” d’enseigner dans un collège ou un lycée.

  4. bomboleyo a écrit le 19 janvier, 2009 à 23:01

    Ca me fait relativement rire ce genre de commentaire, d’où mon post, c’est même pas que c’est méchant c’est juste fait par des personnes qui ne savent pas ce que c’est que de passer un concours et de vouloir devenir enseignant. Juste pour info en général les étudiants qui obtiennent le concours ont quasi un bac +4, car l’année d’IUFM est une année de préparation certes au concours mais elle permet aux étudiants d’approfondir leur connaissance sur la matière en question.

    Et enfin, une fille qui demande des cours de maths et qui tombe sur qqn qui a fait une licence d’histoire je suis désolé mais si elle ne s’aperçoit pas direct que c’est pas sa matière faut pas qu’elle soit douée. Déjà rien que l’étudiant …

    Je ne sais pas si ce site vit ou non, mais un bien meilleur conseil à apporter aux parents et au lieu d’aller trouver des associations qui vont vous coûter une fortune, renseigner vous auprès des facultés de votre département ou région et demander des étudiants qui se destinent à l’enseignement et je pense que vous trouverez preneur !

    A bon entendeur !

  5. Benjamin a écrit le 20 janvier, 2009 à 0:57

    je ne parlais pas de connaissance dans une matière, mais de pédagogie, d’attitude devant les élèves… tout le monde connaît des tas d’exemples où un CAPES, une agreg ou un doctorat ne suffisent pas à faire un bon prof.

  6. Didier Kropp a écrit le 20 janvier, 2009 à 6:35

    bomboleyo a écrit :
    Et enfin, une fille qui demande des cours de maths et qui tombe sur qqn qui a fait une licence d’histoire je suis désolé mais si elle ne s’aperçoit pas direct que c’est pas sa matière faut pas qu’elle soit douée.

    Lorsqu’une famille s’adresse à un organisme, elle paye d’abord un forfait d’heures. C’est comme ça.
    Bien évidemment, la gamine s’est tout de suite rendu compte que le “prof” était incompétent.
    L’organisme une fois prévenu s’est vaguement excusé et s’est engagé à fournir un nouveau prof, ce qu’il n’a pas pu faire.
    Au final, la famille a pu se faire rembourser, mais quelle perte de temps !

  7. bomboleyo a écrit le 21 janvier, 2009 à 20:51

    J’imagine qu’elle a dû s’en rendre compte … D’où le conseil que je pense être le meilleur demander aux IUFM près de chez vous (ça fait un peu campagne de promotion mais bon), avec la nouvelle réforme les IUFM vont tendre à ne plus exister dans la forme sous laquelle ils sont actuellement donc demander directement au responsable de section (dans les facultés). Comme ça on croit que c’est de la perte de temps mais au final vous aurez des étudiants vraiment passionnées par ce qu’ils font et non des étudiants d’école d’ingénieur, de prépa ou autre (qui sont certes forts et compétents dans la matière mais qui ne recherchent pas la même chose je pense …)
    bye

  8. Benjamin a écrit le 21 janvier, 2009 à 21:09

    “non des étudiants d’école d’ingénieur, de prépa ou autre (qui sont certes forts et compétents dans la matière mais qui ne recherchent pas la même chose je pense …)”

    jugement intéressant… vous pouvez développer?

  9. bomboleyo a écrit le 22 janvier, 2009 à 15:04

    Bonjour benjamin, peut de choses à développer. En respectant bien sûr les autres étudiants nous n’avons pas les points de vue et cela me semble normal. Certains donne des cours car on peut gagner un peu d’argent (bien évidemment les étudiants d’IUFM recherchent aussi à gagner un peu d’argent normal) mais les autres (IUFM) veulent se destiner au métier, donc sachez qu’avoir des élèves en cours particuliers nous permet de voir les programmes (aide pour l’oral du CAPES donc) et nous permettent aussi de tester de nouvelles techniques pour appréhender les futurs problèmes des élèves.

    La preuve en est, que quand je me retrouve avec mes amis de fac on s’échange les techniques entre nous utilisées et qui fonctionnent, d’où un gain de temps pour les élèves, bref d’où la recherche de la réussite des élèves avant la recherche de l’argent (c’est mon point de vue bien évidemment !)

  10. LITTLE DRAGON a écrit le 24 janvier, 2009 à 23:43

    Je m’adresse à tous ceux qui ont commenté ci-dessus. Je pense qu’il ne faut pas généraliser les choses. Pourquoi ces organismes fleurissent-ils? Parce que les professeurs de collège ou lycée sont incapable d’enseigner correctement notamment les langues étrangères!!! Alors, qui doit-on remettre en CAUSE?

  11. LITTLE DRAGON a écrit le 24 janvier, 2009 à 23:45

    FIGUREZ VOUS QUE BAC+10 NE VEUT PAS DIRE PROFESSEUR COMPETENT AU COLLEGE OU LYCEE!

  12. LITTLE DRAGON a écrit le 24 janvier, 2009 à 23:48

    COMPAREZ LES FRANCAIS QUI PARLENT L’ANGLAIS OU L’ESPAGNOL AUX AUTRES EUROPEENS QUI LE PARLE EGALEMENT. IL Y A DU BOULOT MES AMIS. REMERCIONS L’EDUCATION NATIONALE!

  13. LITTLE DRAGON a écrit le 24 janvier, 2009 à 23:52

    J’AI HONTE!!!

  14. Didier Kropp a écrit le 25 janvier, 2009 à 6:39

    @Little Dragon : Pas la peine de crier, on a compris :-)

    Pour ce qui concerne l’enseignement des langues en France, le vrai problème selon moi n’est pas le niveau des profs.

    Le problème est que le système éducatif ne demande pas aux élèves de savoir parler une langue étrangère, il leur demande de savoir l’écrire !

  15. LITTLE DRAGON a écrit le 25 janvier, 2009 à 23:44

    Par exemple, comparons un asiatique de Hong Kong qui parle l’anglais (LV1) à un français qui parle l’anglais (LV1). Que peut-on constater? Y-a pas photos!!! Pourquoi les étrangers arrivent bien à parler cette langue couramment mais pas les français? Pourtant ce n’est pas leur langue maternelle, n’est-ce pas?

  16. LITTLE DRAGON a écrit le 26 janvier, 2009 à 0:03

    Bonsoir Didier,

    Je vais rester calme lol… Comme tous les journalistes, le reportage d’envoyé spécial a tendance à diriger les téléspectateurs et les parents d’élève vers le côté négatif parce que c’est leur métier et je comprends tout à fait. J’appelle ça MUCKRAKING. Si vous comprenez ce mot, vous comprendrez le rôle des journalistes.

  17. Grandem a écrit le 12 avril, 2009 à 7:29

    Sans en être tout à fait sûr, je crois que le seul diplôme exigé pour se présenter aux concours des grandes écoles (les vraies : Polytechnique, Centrale, les Mines,…) est le bac :-)

    On se demande bien quand les Acadomia & co vont vendre des bacheliers bac+0 comme des profs ayant le niveau requis pour se présenter à l’école Polytechnique :lol:

Répondre

:D :-) :( :o 8O :? 8) :lol: :x :P :oops: :cry: :evil: :twisted: :roll: :wink: :!: :?: :idea: :arrow: :| :mrgreen: