Dénichée au hasard de mes pérégrinations sur la toile, cette vidéo provenant a priori de LCP (La Chaîne Parlementaire) présente un débat sur le soutien scolaire entre Yannick Bodin, Sénateur PS de Seine-et-Marne et ancien professeur de collège, et Philippe Coléon, Directeur Général d’Acadomia.

“L’initiative si peu pédagogique” dont fait état le présentateur au début de l’émission est “l’affaire” FaisMesDevoirs.com qui provoqua un énorme buzz en février 2009.

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Quelques remarques :

Et toujours ce même sondage…

Les chiffres donnés par Philippe Coléon “42% des cours particuliers sont donnés au noir par des enseignants”, “13% des cours particuliers sont donnés au noir par des enseignants à leurs propres élèves” proviennent de l’enquête Acadomia-Ifop de 2005.

Je me suis d’ailleurs toujours interrogé sur la pertinence de cette enquête, en particulier par exemple les réponses possibles à la question :
Qui a donné les cours de soutien les plus récemment reçus par votre enfant ?.

Les réponses possibles sont :
- Professeur de l’école,
- Entreprise spécialisée,
- Professeur ou ancien professeur,
- Étudiant indépendant.

  • Est-on bien sûr que les sondés qui ont répondu “Professeur de l’école” voulaient bien dire que l’intervenant était prof dans l’école de leur enfant ?
    Certaine personnes interrogées n’ont-elles pas compris “Professeur dans une école” ?
  • Ce qui n’est ni un étudiant, ni un organisme, est de facto un “professeur”.
    Sous le terme générique “professeur” on va donc trouver :

    • des enseignants retraités;
    • des vacataires et contractuels de l’Éducation nationale, de l’enseignement public agricole, de l’enseignement privé, de l’enseignement par alternance,…, qui doivent donc pour boucler leurs fins de mois se trouver d’autres sources de revenus;
    • des adultes qui ne travaillent pas dans le système éducatif et donnent des “petits cours”;
    • quelques professionnels indépendants du soutien scolaire à domicile;
    • et quelques enseignants titulaires. À ce sujet, vous pouvez consulter mon billet Pourquoi si peu de ‘vrais profs’ dans le soutien scolaire payant ?.

Déduire donc des chiffres, comme le fait Philippe Coléon au cours du débat, que “42% des cours sont donnés au noir par des enseignants de l’Éducation nationale”, c’est faire des amalgames  :

  • entre “cours donné par un particulier” et “payé au noir”.
    Les intervenants indépendants qui se font payer en nouvelle fenêtreCESU ou qui ont créé une entreprise individuelle sont oubliés…
  • entre “professeur” (terme qui ne veut pas dire grand-chose) et “enseignant en poste à temps complet dans l’Éducation nationale”.

Ceci dit, je ne peux que donner raison au représentant d’Acadomia lorsqu’il déplore l’absence de débat serein et constructif sur le soutien scolaire : s’il existe une multiplicité d’offres de soutien, c’est bien parce qu’il existe une demande.

Mais l’analyse du “pourquoi une telle demande de soutien scolaire” ne peut se faire lors d’un débat télévisé de 3 minutes; les raisons en sont complexes, multiples, et ne peuvent se résumer à quelques clichés.

Tous les billets comportant des reportages télés à propos du soutien scolaire

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8 Réponses à “Vidéo “Le business du soutien scolaire” : débat entre Acadomia et un sénateur PS”
Vos réflexions sont les bienvenues !

  1. Vidéo Le business du soutien scolaire : débat entre... a écrit le 4 août, 2009 à 12:31

    [...] la suite : Vidéo “Le business du soutien scolaire” : débat entre Acadomia et Yannick … Cet article est sur : Prof [...]

  2. Didierk sur Blogasty a écrit le 4 août, 2009 à 17:08

    Retrouvez cet article sur Blogasty …

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  3. Vidéo Le business du soutien scolaire : débat entre... a écrit le 4 août, 2009 à 21:17

    [...] Vidéo "Le business du soutien scolaire" : débat entre Acadomia et un sénateur PSwww.cours-de-maths-78.fr/blog/2009/08/video-soutien-scolaire… par DidierrK il y a quelques secondes [...]

  4. fabrice a écrit le 4 août, 2009 à 21:57

    Par où commencer? Tiens, par un pavé dans la mare: pourquoi un prof - je parle du fonctionnaire - donne-t-il des cours de soutien scolaire en plus de ses heures de travail? Je trouve que c’est une aberration. Je sais que certains se sentent obligés, car demandés expressément par la famille d’un de ses élèves (ou un haut fonctionnaire de l’établissement, par exemple un proviseur qui veut que son enfant soit encadré par son prof en dehors des heures). Mais je ne parle pas de ceux là, je parle de ceux que l’on retrouve dans les petites annonces. Comment trouvent-ils les forces de faire cela en plus (au noir, de surcroit)? A bon entendeur.

  5. Didier Kropp a écrit le 5 août, 2009 à 8:19

    @ Fabrice

    Il me semble que les profs titulaires qui donnent des cours sont le plus souvent des jeunes, qui essayent de mettre un peu de beurre dans leurs épinards - la paye lorsque l’on débute est maigre.

  6. Vidéo Le business du soutien scolaire : débat entre... a écrit le 5 août, 2009 à 13:35

    [...] Débat en vidéo entre MM. Philippe Coléon, Directeur Général d’Acadomia, et Yannick Bodin,…, à propos du business du soutien scolaire. [...]

  7. Fabien a écrit le 10 août, 2009 à 20:56

    @ Didier

    Bonjour,

    Voilà que le gouvernement nous ressort le dossier des niches fiscales, à raison vu la situation du Trésor. “Diminution des baisses d’impôts” : en voilà une “riche” idée pour ne pas dire “augmentation des revenus de l’Etat”…

    Mais je ne peux m’empêcher de me demander ce que deviendrait le marché du soutien scolaire dans le cas (fort improbable il est vrai) d’une diminution drastique des 50% de réduction d’impôts… réduction du chiffre d’affaires des grandes enseignes, “recadrage” du marché sur les foyers les plus favorisés ?

    Quoi qu’il en soit, après plusieurs tentatives de réforme, restées infructueuses pour modifier certaines niches fiscales, cette rentrée 2009 pourrait bien être la bonne. Cela pourrait-il effectivement inciter les parents d’élèves à modifier leurs comportements vis-à-vis des cours à domicile ?

    Bien cordialement.

  8. Didier Kropp a écrit le 11 août, 2009 à 7:41

    @ Fabien

    J’ai lu que le gouvernement envisageait deux hypothèses :

    La première consisterait à baisser uniformément tous les taux de réduction, par exemple de 10%. Ainsi, la réduction de 50% pour les emplois à domiciles passerait à 45%.

    Une deuxième solution consisterait à appliquer une franchise, par exemple de 1%, sur les feuilles d’impôt. Un contribuable bénéficiant de 3 000 euros de réductions d’impôt verrait ainsi son avantage ramené à 2 970 euros.

    Une famille qui débourse par exemple 1.600 € par an pour du soutien scolaire verrait sa réduction d’impôt passer de 800 € à 720 € (première hypothèse) ou 792 € (deuxième hypothèse).

    Ces surcoûts restent faibles et selon moi ne devraient pas affecter significativement l’attitude des familles : la réussite scolaire de leurs enfants était en tête des préoccupations des parents en 2004 (sondage TNS-Sofres), et je ne vois rien dans le monde actuel pourrait faire baisser ce chiffre.

    Par ailleurs, rien ne dit que les emplois à domicile seront touchés par cette éventuelle réforme. Ce secteur d’activité est un des chevaux de bataille du gouvernement, son grand intérêt étant de sortir des personnes des statistiques du chômage…

    Ce que je ressens depuis quelques mois au vu des contacts que j’ai pu avoir avec des familles est une défiance croissante vis-à-vis des organismes, le reportage d’Envoyé spécial par exemple a été vu par pas mal de monde, et le bouche à oreille qui marche quand on est bon marche aussi quand on l’est moins…

    En résumé, personnellement, je n’ai aucune inquiétude quant à l’avenir du soutien scolaire à domicile quand il est fait par des personnes honnêtes et compétentes, quand bien même les princes qui nous gouvernent rogneraient l’avantage fiscal.

    Edit : je viens de trouver cette interview d’un député UMP
    http://www.rmc.fr/edito/info/86107/mariton-raboter-les-niches-fiscales-non/

    Extrait : Quand on veut aussi aider à l’embauche de salariés à domicile, il s’agit de répondre aux besoins de personnes âgées, d’enfants… et il s’agit aussi d’encourager le développement du secteur de l’emploi à domicile. On ne peut pas vouloir une chose et son contraire. On a une politique sur l’emploi à domicile qui donne des résultats, mais pas tout à fait aussi importants que ce qu’on espérait. Ce n’est pas au moment où cette politique commence à être installée et connue des Français, qu’il faut déstabiliser les choses.

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